Categorized | Story ideas

Le commentaire…

…fait par la ministre française de l’Economie, Christine Lagarde, aujourd’hui dans un entretien avec le quotidien économique Financial Times. “Il va à l’encontre des principes de la concurrence d’encourager l’économie exportatrice [allemande] de produire des biens non compétitifs”, a souligné la chancelière allemande, Angela Merkel.

Aujourd’hui dans la revue de la presse: spéciale sur cette polémique .

****

La ministre française avait estimé que l’Allemagne devrait épauler la demande intérieure pour aider d’autres pays à retrouver leur compétitivité. Une compétitivité que ces derniers ont entre autres perdue parce que, pendant les dernières années, les salaires ont augmenté plus chez eux qu’en Allemagne. La conclusion apparente pour Christine Lagarde: il faut ralentir le rythme du leader au lieu d’accélérer celui des suiveurs.

Faux! rétorque donc la chancelière allemande – et elle n’est pas la seule à donner cette réponse: “Nous avons du succès parce que nous avons fait nos devoirs“, insiste un porte-parole de la fédération allemande du commerce extérieur BGA.

Le ministre allemand de l’Economie, Rainer Brüderle, prend une position semblable dans un entretien avec le quotidien économique “Frankfurter Allgemeine Zeitung” (FAZ). “Ce n’est pas juste que des pays qui dans le passé n’ont pas fait attention à leur compétitivité et ont vécu au-dessus de leurs moyens montrent maintenant du doigt l’Allemagne – même si un tel comportement est humain et politiquement compréhensible”, fustige-t-il.

Et d’ajouter que cela fait du sens de ne pas trop consommer si une population doit en même temps faire des économies pour la retraite – un impératif fort en Allemagne étant donné sa démographie décroissante.

Le correspondant du FAZ à Paris, Christian Schubert, retourne même la polémique: “La France souffre d’exportations faibles” intitule-t-il son éditorial. Le côté négatif de la politique pratiqué par le “Président [Nicolas Sarkozy] du pouvoir d’achat” serait ainsi une faiblesse structurelle sur les marchés internationaux – entre autres à cause des cotisations sociales et salaires élevés. Et Nicolas Sarkozy ne serait pas arrivé à changer cette situation – en dépit de son zèle de réformer la France. Le journaliste conclut son papier avec une citation de l’économiste Marco Fiorentino: “Un pays qui n’a pas le courage de mener à bout des réformes n’a pas le droit de donner des leçons aux autres.”

Si l’Allemagne semble choquée par les propos de Christine Lagarde, il y existe pourtant des voix contre: Hubert Beyerle du quotidien économique “Financial Times Deutschland” estime par exemple que Berlin aurait bien mérité la gronderie. Car les excédents extérieurs des uns seraient les déficits extérieurs des autres. Une opinion à laquelle se rallie Robert von Heusinger du quotidien “Frankfurter Rundschau”.

LL.

This post was written by:

- who has written 16 posts on Lisa Louis – Journalist in Paris.


Contact the author

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.

Advert